Il y a des années, je savais encore rire aux éclats dans un café. Échanger un regard complice avec un inconnu. Sentir cette petite brûlure au ventre quand quelqu’un me regardait vraiment. Pas juste en surface, tu vois. En profondeur.
Maintenant je passe mes soirées avec des livres de philosophie kantienne et un chat qui me juge depuis le canapé. Quarante-six ans, toujours étudiante parce que j’ai recommencé tard, et personne ne comprend ça. Les mecs de mon âge cherchent des femmes qui ont déjà tout construit. Les plus jeunes me voient comme une curiosité.
Ce qui me manque le plus, c’est pas le sexe en tant que tel. Enfin si, ça aussi. Mais c’est surtout cette légèreté du flirt coquin gratuit, ces conversations qui partent dans tous les sens, cette excitation simple de savoir qu’on plaît encore à quelqu’un. Que notre voix peut encore faire sourire un homme.
À Quimper, je croise des regards vides. Des gens pressés. Personne ne prend plus le temps de vraiment parler. Vraiment se découvrir.
Alors si t’as envie de discuter avec une femme un peu perdue mais encore vivante quelque part sous la mélancolie, écris-moi. Promis, je sais encore être drôle. Enfin je crois.