Je cours dix kilomètres trois fois par semaine le long de la Somme. Seule. Toujours seule.
Mon corps me va bien maintenant. Quarante-quatre ans et j’ai arrêté de m’excuser pour mes formes. Mes seins attirent les regards, je le sais. Au club de sport aussi.
Mais les regards ne suffisent plus.
Je veux des mots. Des phrases qui glissent sous la peau. Un flirt sensuel en ligne qui me rappelle que je suis encore désirable. Pas juste un corps qui transpire sur un tapis de course à Amiens. Une femme. Avec des envies précises.
Tu sais écrire? Vraiment écrire. Pas juste envoyer « salut ça va ». Je veux que tu me fasses sentir ta main dans mes cheveux avant même qu’on se voie. Que tu me décris comment tu me regarderais. Lentement.
Je réponds vite quand le message me plaît. Quand l’homme sait jouer avec les silences autant qu’avec les mots.
Pas besoin d’être bodybuilder. Juste d’être là. Présent. Capable de tenir une conversation qui monte doucement en température.