J’ai recommencé à regarder les annonces pour flirter comme on regarde un frigo vide en pleine nuit. Sans vraiment savoir ce qu’on cherche mais avec cette sensation de manque qui te ronge le ventre. Quarante et un ans, infirmière de nuit au service gériatrie, Châlons-en-Champagne depuis toujours ou presque. Divorcée depuis quatre ans maintenant et je crois que j’ai oublié ce que ça fait d’être désirée autrement que par des regards furtifs dans les couloirs de l’hôpital.
Les nuits sont longues ici. Je rentre à six heures du matin, je me déshabille dans une maison vide, je me glisse dans des draps froids. Parfois je me touche en pensant à des hommes que je croise à peine, le pharmacien, le type du pressing, n’importe qui qui me regarderait vraiment. C’est pathétique je sais. Mais c’est honnête.
Je voudrais un homme qui comprenne que j’ai pas besoin de grand-chose. Juste qu’on se parle. Qu’on se voie peut-être autour d’un café avant que je prenne mon service. Ou après, quand le jour se lève et que la ville dort encore. Quelqu’un qui me fasse me sentir vivante, désirable, pas juste compétente avec une blouse blanche.
Si t’es du coin et que t’as envie d’une vraie femme avec ses failles et ses envies, écris-moi. Je promets rien d’autre que d’être sincère.