J’ai téléchargé sept applications de rencontre différentes et je peux maintenant trier les hommes par catégorie comme des chaussettes dans un tiroir. Les types en photo de profil avec un poisson. Les types qui t’envoient direct une photo de leur abdos. Les types qui écrivent « cc sa va » comme si le français était une langue morte depuis 1950.
Alors bon, je tente le site old school. L’annonce écrite. Le truc d’avant l’ère du swipe compulsif.
Sally, 32 ans, Chambéry. Je travaille dans la com, ce qui veut dire que je passe mes journées à convaincre des gens d’acheter des trucs dont ils n’ont pas besoin. Ironique quand on cherche soi-même quelque chose d’authentique, je sais.
J’ai eu ma phase jeunes mecs musclés. Sympathique mais épuisant. Maintenant je me dis qu’un flirt avec mature, quelqu’un qui a vécu un peu, qui sait tenir une conversation au-delà de la météo et des séries Netflix, ce serait pas mal. Un type qui assume ses rides et son humour grinçant. Qui ne m’enverra pas de vocal de cinq minutes à deux heures du mat pour me parler de sa passion pour la crypto.
Si t’es dans le coin, si t’as dépassé le stade du « wesh » comme ponctuation universelle, et si l’idée de boire un verre sans te prendre la tête te tente, écris-moi. Promis, je mords pas. Enfin pas tout de suite.